Les petits noms ont leur importance
Dans la bouche de mes parents, je me suis toujours appelée Valérie, ma mère très fière de mon prénom sans aucun doute, se moquait des parents qui donnaient des diminutifs à leurs enfants ou les appelaient par des mots doux.
Son argument : « j’ai donné un prénom soigneusement choisi à mes enfants, c’est pour l’utiliser ! ». Ça semblait très important !
Vous n’imaginez pas comme cette réflexion m’attristait. Déjà que je n’ai entendu dans la bouche de mes parents ni un « je t’aime », ni un « tu es jolie », encore moins « tu es intelligente », un petit mon trésor ou ma chérie m’auraient rassurée et donnée un peu de cette confiance en moi qui m’a tant manqué.
Je ne vous surprendrais pas en vous disant que lorsque j’ai eu mes premiers amoureux, j’étais incapable de les appeler autrement que par leurs prénoms, les « mon amour », « mon cœur », « mon ange », m’étaient totalement étrangers. Un cœur c’est une pompe avec 2 ventricules, un ange un personnage avec des ailes, en aucun cas un être humain !
Et puis un jour un de mes petits amis (appelons-le Paul) me dit : « pourquoi tu m’appelles toujours Paul, je suis Paul pour mes amis, mes collègues, ma famille, mais pour toi je suis plus que Paul, je suis ton chéri, ton chouchou, ton tendre… ».
Cette réflexion a fait tilt et Paul est devenu mon trésor, mon soleil, mon roi… puis sont sortis de ma bouche des « je t’aime », des « tes yeux sont magnifiques », tout un langage tendre et aimant, rien qu’à nous, s’est installé. C’était doux et intime.
Paul fait partie de ces gens qui m’ont fait comprendre de quel vide était constitué mon vide dont je vous parle tant. Il était vide de mots rassurants, de mots qui donnent confiance, de mots essentiels. Je crois que Paul m’a appris à aimer, à donner ce que l’on ne m’a jamais donné. Paul a réclamé son dû et il a bien fait, et ainsi j’ai aimé, vraiment aimé pour la première fois.
J’ai vite appris, c’était tellement doux, tellement bon, que depuis je donne sans compter des mots tendres à mes amis, mes enfants, mes amants.
Trop peut-être ? Quand mes enfants étaient petits je leur disais « j’ai quelque chose à te dire » et ils me répondaient « je sais, je sais : tu m’aimes ! ». Est-ce possible qu’on soit aussi convaincu de l’amour de l’autre ? qu’il n’y ait pas de vide ? mais au contraire un récipient trop rempli ? Moi, il y a toujours du vide, du manque, de la place pour des mots doux, je ne peux pas comprendre le trop d’amour, je me demande parfois si je ne voudrais pas de l’amour à en étouffer… ça n’arrivera jamais, je le sais !
On aime avec tous les sens et j’ai découvert avec Paul que l’ouïe et l’écoute en passant par le dire étaient vitaux. Ce beau et doux langage que se crée toute relation est magnifique, attendrissant et indispensable. Je le déguste tant il me touche, mon cœur en est tout chamboulé.
Je vous souhaite de nombreux langages intimes.
Vous êtes unique, je vous embrasse.
J’ai vu
Hécube, pas Hécube de Tiago Rodrigues avec la troupe de la comédie-française
L’histoire si douloureuse d’Hécube, femme de Priam, et celle d’une femme d’aujourd’hui confrontée aux maltraitances de son fils, autiste dans une institution. Mythe et réel se mêlent et se superposent. Magnifique jeu de miroirs, sublime écriture, merveilleuse interprétation !
Zéphyr de Mourad Merkouzi
Un ballet moderne d’une beauté à couper le souffle !
Angelin Prejlocaj au musée d’Orsay avec 3 ballets : Hommes au bain, Femmes au bain, Boléro
3 créations de ce génial chorégraphe commandées par le musée d’Orsay en écho au tableau de « L’homme au bain » de Gustave Caillebotte et aux peintures d’Edgar Degas, comme toujours avec Prejlocaj grâce et précision, je ne me lasse pas de la beauté de ses spectacles.
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