Je confine, tu confines, il confine, nous confinons, vous confinez, ils confinent.

De quoi d’autre aurais-je pu vous parler aujourd’hui que du coronavirus, ce mot imprononçable et in-re-tenable il y a quelques mois, et maintenant sur toutes nos lèvres et dans tous nos esprits. Il sera arrivé à nous assigner à résidence ! Une vraie star ! En nombre de clics sur les moteurs de recherches il doit battre  Neymar, Ryanna, Meghan Markle et la reine des neiges réunis !

D’ailleurs, vous savez tout à son sujet : l’histoire de la chauve-souris, qu’il empêche de respirer, qu’il court vite et qu’il aime voyager par-dessus tout…

Incroyable comme lui si petit est arrivé à nous arrêter. A cause de lui plus rien ne bouge, l’économie s’écroule et les chinois divorcent !

Ils nous touchent tous sans exception, nous voilà tous à la maison sans d’autre choix que d’y rester. En d’autres circonstances, nous en aurions rêvé : du repos, du temps, ses proches…  Mon plus jeune fils, en terminale, en a rêvé quelques jours puis l’échéance s’approchant son enthousiasme s’est émoussé : « mais maman 45 jours sans amis, sans sport, sans resto, sans cinéma, sans autre horizon que la maison et les devoirs, sans cousines, sans sans sans… »

Et nous voilà tous chez-nous avec nos inquiétudes, différentes selon nos personnalités, certains ont peur de la maladie, d’autres redoutent de se retrouver 24 heures sur 24 avec leur conjoint, mes copines ont peur de grossir, les personnes vivant seules s’inquiètent de leur isolement, sans compter l’économie, l’absence de revenus pour les entreprises et les professions libérales, la reprise tellement incertaine… Le climat est pour le moins anxiogène.

C’est étonnant comme selon les circonstances les ressentis sont différents. En d’autres temps, rester à la maison serait synonyme de liberté, ici il devient contrainte. La maison est habituellement le lieu de l’intimité, de la tranquillité, pas d’obligation, pas de contrainte, là il s’apparente à la promiscuité et l’enfermement.

Sûrement apprécierons-nous plus que jamais le droit qui nous sera rendu dans quelques semaines : celui de s’embrasser et de se toucher si précieux et si cher à notre culture.

En ces temps où patience et lâcher-prise s’imposent voici quelques conseils selon votre profil :

 

  • Vous êtes angoissé : vous ne pouvez rien maitriser, c’est comme ça c’est un fait ! La situation vous échappe. Plutôt que de penser que vous devez la subir, lâchez prise, c’est tout simple mais tellement difficile pour vous. Alors méditez, coloriez des mandalas, tricotez, respirez avec votre ventre, connectez-vous à votre corps en vous contentant d’observer ses réactions. Oubliez les informations et les médias. Souvenez-vous que l’important est de confiner rien de plus, rien de moins.
  • Vous êtes dépressif : adoptez un rythme. Ne restez surtout pas au lit le matin. Levez-vous, prenez votre douche. Ouvrez les volets, respirez. Et commencez votre journée : télétravaillez, préparez vos repas, appelez une personne qui vous comprend au moment le plus difficile de la journée. Le soir rejoignez votre lit tôt, lisez, dormez et bien-sûr confinez confortablement.
  • Vous êtes compulsif : vous êtes hypersensible et manquez d’estime de soi. Identifiez et laissez s’exprimer vos émotions. Ecrivez ce que vous ressentez. Ne vous jugez jamais négativement vous êtes unique, méditez, ralentissez. Et prenez le temps de confiner en accord avec vous-même.
  • Vous êtes isolé : mettez en place un rituel d’appels avec vos proches, c’est le moment de vous réintéresser à des passions ou à des domaines que vous avez toujours souhaité explorer : une activité manuelle, une période de l’histoire, l’astrologie, la cuisine, les puzzles peu importe tant que ça vous attire, que ça vous nourrit. Faites du confinement un enrichissement personnel et votre priorité, ça va de soi !
  • Vous êtes en famille : une fois les règles élémentaires de vie en commun posées, à chacun son espace, à chacun son organisation, pas de jugement, vous n’avez pas envie qu’on vous explique comment faire alors ne le faites pas aux autres. Retrouvez-vous pour des moments privilégiés : repas, film ou jeu à partager. Pour le reste, efforcez-vous de ne pas empiéter sur le petit territoire de l’autre, trouvez-vos frontières et protégez-les, il en va du bien-être de tous. Et ne perdez pas de vue que vous devez confiner.
  • Vous êtes un grand actif : c’est le moment de ranger, briquer, jeter, réorganiser la maison, d’apprendre une nouvelle langue. Vous avez à votre disposition sur internet des centaines de vidéos pour bouger, alors sautez, resculptez-vous et bien-sûr tout cela en laissant en paix vos colocataires. Et plus que quiconque n’oubliez pas qu’avant tout vous devez confiner.
  • Vous êtes procrastinateur : segmentez vos projets en tâches réalisables par tranches de 10 minutes, récompensez-vous. Ne soyez pas perfectionniste, faites simplement et ce sera très bien, pas de barre trop haute, pas de jugement, juste faire. La seule chose que vous avez à faire parfaitement : c’est de confiner.

Je podcaste

 

Augustin Trapenard
Boomerang

Je suis une inconditionnelle d’Augustin Trappenard, j’adore sa plume, son style, ses analyses, sa sensibilité, son intelligence. J’aime l’atmosphère enveloppante, joyeuse et éclairée de son émission. A ré-écouter sans modération.

Zoé Varier
D’ici, d’ailleurs

Zoé Varier, avec toute son écoute, sa douceur, sa finesse reçoit des hommes et des femmes étrangers qui racontent leur histoire d’émigrés, c’est doux, émouvant, passionnant, enrichissant, nourrissant. Cette émission m’a tellement manqué quand elle s’est arrêtée que je la ré-écoute dès que je peux.

Je Babayoga

 

Valentine
Baba Yoga club

Valentine a dû fermer les portes du Baba Yoga Club, elle n’a pas tardé à mettre en place des cours vidéo matin et soir et ses cours sont juste magiques. Ambiance douce, le corps travaille, se sculpte, se détend, vous reprenez des forces. Ça fait un bien fou ! Testez.

J’écris

 

Namir
Le challenge des 21 jours

Et si vous décidiez d’être créatif et d’écrire pour vous, pour vous faire du bien, pour vous découvrir. J’ai rencontré Namir en formation, un homme lumineux, généreux. Il propose un exercice très intéressant appelé « le challenge des 21 jours », chaque jour guidé par lui vous écrivez pendant 5 minutes. Ça prend peu de temps, c’est ludique et surtout ça vous rend fier de vous. Allez, essayez, suivez ce lien.

Je ris

 

Des centaines, des milliers d’écrits humoristiques fleurissent sur internet. Pour être honnête, je n’y prête guère attention, mais Stéphanie, une amie que j’aime sans bornes, toujours là, tellement compréhensive, tellement tout, me fait une sélection chaque semaine rien que pour moi, et de tous ceux qu’elle m’a envoyés je retiens celui-ci :

Journal de Confinement

Jour 1

Mercredi 18 mars : premier jour à quatre à la maison. Journée ensoleillée, les enfants ont pu profiter du jardin. Pas encore de nouvelles de la maîtresse, j’imagine qu’il faut le temps de s’organiser. Ce midi, apéritif en famille, jeux l’après-midi ; Mathilde avait fait un gâteau au chocolat pour le goûter. Petit air de vacances !

Jour 2

Jeudi 19 mars : première tonte de l’année ! J’adore l’odeur de l’herbe coupée. Les arbres sont en bourgeons, les tulipes sortent de terre, les premiers jours de printemps sont toujours agréables ! Foot avec les enfants qui ont fini par se disputer, comme toujours. La vie s’organise tranquillement.

Jour 3

Vendredi 20 mars : les premiers devoirs sont tombés pour Mathis : révisions sur les divisions. Surtout rester calme…
Léa fait des dessins pour papa et maman. Trop mignon.

Jour 5

Dimanche 22 mars : le jardin est au carré, on dirait Versailles ! Comme quoi il y a toujours du bon à prendre ! Mathilde a les mains dans la farine la moitié du temps : gare aux kilos en trop ! Léa a épuisé la moitié du stock de pages blanches, c’est moche pour la planète.
Côté divisions, on rame…

Jour 7

Mercredi 25 mars : si Mathis me demande encore une fois ce qu’est un dividende, je lui fais manger son cahier !
Léa a enfoncé toutes les pointes de feutres et chouine à longueur de journée.
Mathilde s’est lancée dans la confection d’un gâteau roumain à la purée de marrons et aux pruneaux. Est-ce vraiment une bonne idée ?
Le temps commence à sembler long.

Jour 10

Samedi 28 mars : je crois que mon fils est con, j’ai abandonné la division. On a une semaine de retard sur le travail envoyé par la maîtresse. J’ai vomi le gâteau aux marrons.

Jour 11

Dimanche 29 mars : la caisse à outils est nickel, j’ai rangé mes clefs plates par ordre de grandeur, les marteaux par ordre croissant de poids. J’ai trié tout ce qui pouvait se trier dans la maison : clous, vis, boutons, punaises (par couleurs), slips… Je commence à voir flou.

Jour 14

Mercredi 1er avril : on continue sur le passé simple. La décence m’oblige à me taire…

Jour 15

Je rédige une lettre à l’attention du pape pour faire canoniser la maîtresse de mon fils. J’ai envie d’écouter Céline Dion en passant l’aspirateur dans le garage. Je crois que ça va pas le faire.

Jour 16

Vendredi 3 avril : « Les enfants prenâmes le goûter sur la terrasse ». Bon cette fois-ci c’est clair, Mathis n’aura pas le prix Nobel de littérature… J’ai envie d’épouser sa maîtresse… Je crois que je commence à délirer… Léa regarde la télé H24. Mathilde a commencé une pièce montée à 5 étages. Je le sens pas trop. J’ai pris 5 kilos…

Jour 17

Samedi 14 avril : je crois que j’ai chopé le Gilles de la Tourette avec ce putain de passé simple de merde !
La pièce montée s’est cassée la gueule.
J’ai des hallucinations, les dessins de Léa me parlent !

Jour 18

Dimanche 5 avril : pour la première fois de ma vie, j’ai prié Dieu…

Jour 19

J’ai bouffé la page du livre de conjugaison. Problème réglé…

Jour 20

Passé la journée à chercher le chien, on l’a perdu !

Jour 21

Merde, c’est vrai, on n’a pas de chien ! J’attaque ma cinquième bière de la journée.
Léa ressemble à un lapin qui aurait attrapé la myxomatose.

Jour 30

36 mars : je suis sûr d’avoir vu la maîtresse de Mathis dans la pâture derrière chez-nous : elle promenait le Bescherelle en laisse.

Jour 31

J’ai les dents qui grattent, je transpire des yeux. Je me rends compte que mon slip est à l’envers. Comme je le porte au-dessus de mon pyjama, j’ai l’air encore plus con.

Jour 32

An 3020 après ma belle-mère : plus de farine dans les magasins, Mathilde est prostrée sur une chaise dans la cuisine, elle fait la conversation au four.
Mathis essaie de diviser le passé simple. Léa bave devant la télévision. Les stocks de Ricard sont épuisés. Au secours…

Jour 40

37 avril 2028 : oh putain, on a remonté le temps ! Il se passe des trucs bizarres… Il y a une dame dans ma cuisine qui pleure en regardant le four, je ne sais pas du tout qui sait. Et cette petite assise dans le coin qui me regarde en ricanant, elle me file les jetons. De toute façon je ne sais plus comment je m’appelle. Je ne sais même plus pourquoi j’écris. C’est la fin…

Jour 50

Il s’est passé quelque chose. Il y a des gens partout, on entend « C’est fini ! », « C’est fini ! », « Plus de confinement ! ». Je ne sais pas ce qui se passe. Je sors pour voir. Je m’y reprends à 3 fois avant de savoir enfin passer la baie vitrée. Je respire à pleins poumons. Je tombe dans les pommes. Direction les urgences.

Jour 60

Vendredi 15 mai : reprise du travail depuis une semaine. Mathilde, Mathis et Léa vont bien. La vie a repris son cours normal, si ce n’est que j’ai du cholestérol, du diabète, des troubles de la personnalité (mon double ne parle qu’au passé simple et cherche à diviser tout ce qu’il peut, c’est un peu pénible…)

Mais bon nous nous en sommes tous sortis vivants ! Rendez-vous demain chez la psy, 15h30…

Je téléconsulte

 

Plus que jamais je reste à votre écoute, je continue mes consultations en vidéo, vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib ou en m’appelant au 0769465419.

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