Jugement, quand il fait mal

Cet été, deux événements m’ont persuadée d’écrire un article sur le jugement :

  • En vacances chez une amie que j’adore, sur sa table de salon, le dernier roman de Jean- Christophe Rufin : « Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla ». Privée de romans depuis 6 mois, je le dévore et suis surtout conquise par la postface : que penserait-on, que dirait-on d’un couple qui a divorcé 6 fois et s’est marié 7 fois, nul doute que les commentaires iraient bon train… et pourtant pourquoi pas ?
  • Une autre de mes amies avec qui j’ai l’habitude de refaire le monde me tient un discours sur les hommes pour le moins réducteur : ils ne penseraient qu’à « ça »… nous n’aurions pas besoin d’eux… Elle déversait sa haine des hommes, les réduisant à bien peu de choses. J’étais abasourdie, moi qui voit finalement bien peu de différences entre un garçon et une fille.

Juger, nous le faisons tous sans exception, se comparer, identifier nos différences, pour savoir qui nous sommes. Mais que se joue-t-il quand le jugement devient excessif, humiliant, dégradant ? Est-ce la peur de la différence ? Un égo surdimensionné ? La jalousie ? Une façon de ne pas se remettre en cause ? Le moyen de se protéger ?

Il est vrai que nous vivons dans une société du jugement :

  • Les réseaux sociaux où il importe de toujours se montrer sous son meilleur jour et de récolter le plus possible de « like ».
  • Le fameux entretien de fin d’année avec votre boss, ce terrible sentiment d’être encore à l’école !
  • Cette ère du paraître où rien n’est plus humiliant que de passer pour un ringard !
  • Ce culte de la réussite, cette injonction d’être performant, le meilleur. Faillir est honteux…

Alors bien-sûr pour se protéger quoi de plus logique que de pratiquer l’attaque, de juger et ainsi de refouler nos inconforts, nos failles installées souvent depuis notre enfance en lien avec d’anciennes souffrances que nous n’avons ni le goût d’identifier ni la force de résoudre.

Si nous jugeons trop, et que nos jugements sont excessifs et blessants, c’est que nous-même avons une mauvaise image de nous et sommes mal à l’aise avec le sujet sur lequel nous répandons notre fiel. De toute évidence cette amie si sévère avec les hommes a des soucis avec la relation amoureuse.

Posons-nous la question : pourquoi sommes-nous si intransigeant sur le comportement de quelqu’un, sommes-nous mal à l’aise ou envieux de ce comportement. Porter un jugement négatif sur les 7 mariages d’Edgar et Ludmilla, n’est-ce pas se reprocher de ne pas savoir assumer une vie libre et indépendante ?

Le jugement nous renvoie à notre impuissance, notre paresse, nos exigences inatteignables, nos projets avortés, il est le reflet de nos propres manques.

 

Mon message

Acceptons-nous tels que nous sommes, soyons déterminés et faisons à notre manière sans nous soucier du regard de l’autre.

Le jugement met en évidence notre frustration, réfléchissons-y et plutôt que de juger : comprenons.

N’oublions pas qu’il y a des milliers de façons de faire et de penser et qu’aucune n’est meilleure que l’autre, respectons la différence.