La première semaine de déconfinement, mon amie Stéphanie (masquée !) passe me voir au cabinet. Une allure folle en équilibre sur ses talons de 10 cm, plus belle que jamais ! Elle a laissé ses 2 garçons malicieux et surtout plein de vie, 4 et 7 ans, à la maison avec son compagnon. Heureuses de nous retrouver, nous nous installons à distance chacune sur notre fauteuil et doucement les larmes commencent à couler comme pour délaver le bleu inimitable de ses yeux, puis les mots remplacent les larmes : « je m’en veux, je suis incohérente. Pendant le confinement je n’avais qu’une hâte c’est que l’école rouvre ses portes, et quand l’école m’a posé la question de renvoyer les enfants en classe j’ai décidé de les garder à la maison ! Je ne suis pas gentille avec eux, le télétravail, les devoirs, la maison, je ne fais rien bien. Tu te rends compte 2 mois de confinement et je n’ai pas joué une seule fois avec eux, le soir je n’en pouvais plus je n’en avais pas la force. Et j’interdis aux enfants d’aller à l’école leur imposant le confinement et moi je suis là avec toi ! »

Honnêtement tout cela ne m’a pas semblé très grave, oui elle a changé d’avis, oui elle n’est pas parfaite, oui elle est fatiguée, oui elle étouffe de ce confinement et de ce virus qui n’en finit pas de ne pas disparaître.

Il y a quelques jours je reçois Adrien, jeune père de famille, sensible, doux, réservé, plein de finesse, responsable. Il me confie « je réfléchis beaucoup à la cohérence de notre société, et j’ai le sentiment que l’on fait fausse route : ces multinationales pour qui quelques euros valent plus que de préserver un emploi et la vie d’une famille préférant satisfaire de riches actionnaires. Et pourtant je travaille pour ce type d’entreprise. Je voudrais écouter ce qui m’anime et changer de travail, mais j’ai une famille à charge, j’ai peur de la mettre en danger, j’hésite. Je suis très respectueux de la planète et pourtant il m’arrive de prendre l’avion… Je ne suis pas en accord avec ce que je suis, ça me dérange ! »

Et mon fils ainé, Lucas, convaincu qu’un comportement nouveau s’impose. Le respect de l’être humain, de la nature, des animaux est primordial pour lui. Il a développé un comportement écologique, il est végétarien et consomme responsable. Il rêve d’un Paris sans voiture. Il y a peu je vais chez-lui et voit dans sa cuisine des bouteilles d’eau en plastique. Je lui dis : « c’est bizarre, tu achètes de l’eau en bouteille plastique ?». Son regard trahit qu’il est conscient de l’incohérence de son comportement vis-à-vis de ses convictions. Puis ses bras tombent et il me répond « je sais maman, mais je ne peux pas être de tous les combats ! » Et j’ai trouvé cette réponse pleine de bon sens.

Effectivement, nous sommes des êtres de paradoxes, bien-sûr il est important d’être en accord avec nos convictions, mais comme le dit justement Lucas, nous ne pouvons pas être sur tous les fronts. La vie nous rattrape : les obligations, la fatigue, la pression, le temps qui passe trop vite, la famille, le travail, les factures, etc…

Alors bien-sûr, je ne vous encourage pas à agir en contradiction avec ce qui vous anime, mais en revanche je vous encourage à faire comme vous pouvez, et ce sera très bien.

PS : Si cet article vous a intéressé relisez mon article sur la culpabilité.

Je vous parlais d’Hugo et de son beau projet dans ma lettre de mars. Si l’idée d’une brasserie artisanale, d’une bière bio à Versailles et d’en faire un peu partie vous parle, cliquez sur ce lien.

Chanson de Pauline écrite en 2007 qui prend tout son sens.

ALLO LE MONDE

Quel est le nom du mal dont tu subis la fièvre ?
Les étranges idéaux, les hystéries funèbres ?
Dis-moi ce que je peux faire de ma petite place,
Quels sont les actes et les mots qui peuvent t’aider à faire face ?

Je n’y comprends plus rien
Prends soin de toi
Ne te laisse pas aller…

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